mardi 26 octobre 2021

L'histoire

PAGE EN COURS DE CREATION

 

ET SI L'ON SE PENCHAIT SUR LE PASSE DE PINAY ?

Texte écrit par M Daniel BOUTTET 

Faisons ensemble un grand pas en arrière pour écouter l'histoire de notre village : pas d'épisodes à sensation, pas de grands noms issus de sa terre, cependant son histoire qui le rattache à notre Grande Histoire.

Il est fait état que notre territoire était occupé par les hommes de la pierre taillée et qu'il y existait un village gaulois : un oppidum gallo-romain, où des fouilles ont eu lieu, domine encore la Loire, voie stratégique de l'époque. Ces hommes se cachaient sans doute dans les pins qui couvraient notre commune d'où son nom de PINET, première orthographe (du latin pinetus, lieu planté de pins). On supposera qu'ils ont tout emporté avec eux car aujourd'hui, leur nombre est bien restreint. On écrivit ensuite PINEY puis PINAY.

Ce nom apparaît pour la première fois dans l'histoire au Xème siècle. Un ancien château-fort situé dans le centre du bourg, datant de l'an 900, défendait le village : il en reste encore deux tours qui sont habitées. Dans une charte du 12 septembre 929, on apprend que l'église, sous le vocable de Sainte-Marie, dépendait de l'Abbaye de SAVIGNY (près de Lyon) et était sous la protection d'un seigneur nommé LANDRIC. Celui-ci prit le nom de son fief : la famille de PINEY s'éteignit en 1284, date à laquelle la terre de PINEY passa aux CHAUDERON de la FERTE. Au XVème siècle, on parle de la famille de SAINTE-COLOMBE. Bien entendu, à cette époque, les Grandes Compagnies, soldats-pillards, n'épargnèrent pas notre village et plus tard, au moment des Guerres de religion, en 1562, le baron des Adrets qui avait pris le château de Montbrison non loin d'ici, ne nous oublia pas. Notre village sut chaque fois se relever des épidémies de peste qui sévirent entre 1348 et 1651 ainsi que des grandes famines dévastatrices de 1693-1694 et de 1709-1712.

Au temps de la Révolution de 1789, peu de documents : nous savons seulement que les fidèles recevaient en cachette les secours religieux d'un prêtre non assermenté qui se cachait sur les bords de Loire et se déplaçait en barque. Il célébrait sa messe en cachette, près de la Digue de PINAY, dans une grange aujourd'hui disparue.

C'est dire que la vie n'a pas toujours été aussi calme et les gens aussi heureux dans notre campagne bucolique et notre bourg si riant. Pourtant, en 1856, époque de la construction de notre église actuelle, un historien écrivait que notre village était peu agréable ; s'il revenait aujourd'hui quelle ne serait pas sa surprise...

Si notre village peut avoir quelque célébrité, c'est de la Loire qu'il la tient. Au début du XVIIème siècle, pour le profit du Duc de la FEUILLADE, seigneur de Roanne et celui de la Compagnie LAGARDETTE, afin de faciliter la navigation entre SAINT-RAMBERT (près de Saint-Etienne) et ROANNE, et leur assurer quelques revenus bons à prendre, de nombreux rochers avaient été supprimés, ceux-ci étant autant d'écueils qui ne laissaient que d'étroits passages au milieu du lit du fleuve et les mariniers les redoutaient. Et pourtant, ils offraient des digues naturelles aux excès du fleuve fort coléreux. Ces travaux coûtèrent fort cher et toutes les villes voisines, ainsi que l'Etat, y dépensaient beaucoup.

La crue de 1707, après la destruction de ces rochers qui freinaient l'eau, fut parfaitement désastreuse et l'accélération du cours du fleuve rendait la navigation encore plus périlleuse qu'auparavant et pratiquement impossible en temps de crue : la joie des intrépides bateliers qui bravaient le fleuve s'était vite changée en déception. En conséquence, le sieur Robert de la CHASTRE, intendant des levées, dépêché par le Roy avec deux ingénieurs pour enquêter sur la situation, constata qu'en amont des piles de PINAY, il avait été ôté en six endroits des rochers et que des piles au SAUT DE PINAY, environ 2 kilomètres en aval, il avait été ôté pareillement des rochers en trois endroits. Idem en amont du Château de la Roche et plus près de Roanne vers Saint-Maurice. Pour domestiquer le fleuve, après ces constats, il fallait remplacer ces barrages naturels détruits, par des ouvrages d'art. Ainsi, un arrêté du Conseil du Roy LOUIS XIV du 23 janvier 1711 ordonna la construction de trois digues : la première à PINAY, la seconde au CHATEAU DE LA ROCHE, la troisième jugée inutile située à SAINT-MAURICE ne fut jamais construite, les deux premières s'étant avérées suffisamment efficaces.

En un an, les travaux de la nôtre furent menés à bien sous la direction de M. MATHIEU, ingénieur et architecte du Roy. Elle coûta 170000 F, celle de la Roche 40000 F

; en francs de l'époque, ce fut un bel investissement. Cependant on douta longtemps de son utilité contre les crues et il fallut attendre longtemps, puisque ce n'est qu'en 1846 qu'une terrible crue l'éprouva et justifia pleinement sa construction. Six ans plus tard survint une nouvelle épreuve pour ce puissant barrage qui joua encore bien son rôle. Par deux fois, la ville de ROANNE venait d'être préservée d'une inondation subite et sans doute grave étant donné la puissance des eaux qui s'engouffraient dans l'espace de 15 mètres seulement entre les deux culées de l'ouvrage en maçonnerie (celle de la rive droite mesure 60 mètres de long sur 10 m de large, elle oppose au courant la convexité de son puissant massif curviligne ; sur la rive gauche, un petit ouvrage). On avait réussi !

Il est vrai que la navigation y était importante : de 1704 à 1856, à peine un siècle et demi et plus de 250 000 bateaux sont passés chez nous, partis de SAINT-JUST-SAINT- RAMBERT, ANDREZIEUX (aux portes de Saint-Etienne) pour livrer à Paris jusqu'à Nantes, Saint-Nazaire quelques douze millions de tonnes de houille, concurrençant le charbon anglais ou belge : c'est le chemin de fer qui porta un coup fatal à la batellerie. Ces embarcations "cabanes", "sapines" à cause du bois de pin qui les rendaient souples, pour franchir sans se rompre les fonds rocheux ; elles avaient le fond plat, l'arrière presque vertical et carré pour offrir au courant le maximum de poussée. Longues de 27 m, larges de 4 m et profondes de 1 m, elles pouvaient transporter de 25 à 36 tonnes de marchandises, principalement le charbon des mines de Saint-Etienne et ses alentours à dos de mulet jusqu'au bord de la Loire (qui ne passe pas à Saint-Etienne). On ne naviguait sur le tronçon jusqu'à Roanne qu'en période de hautes eaux (6 mois environ). Le reste de l'année, les hommes travaillaient le bois. Un des endroits les plus redoutés était "Le Saut de Pinay", à deux kilomètres en aval de la Digue, une dénivellation naturelle très difficile à franchir sans dommages ; souvent les bateaux se retournaient à son passage, perdant leur chargement quand ce n'était pas leurs hommes... Belle histoire mais dure histoire que celle de ces mariniers portant un feutre imperméable à grand rebords, des rubans, une courte veste à double rangée de gros boutons plats en métal, un large pantalon tenu par une ceinture de flanelle rouge, des souliers bas à boucle d'argent et un cercle d'or aux oreilles pour prévenir le mal aux yeux et avec cela, grandes gueules, jurant en patois mais intrépides et aimant fréquenter les bonnes auberges...

En des temps reculés, à l'emplacement de la Digue existait un pont dont la construction a été attribuée aux Romains et dont l'existence est constatée dans un testament de 1328 et un acte de reconnaissance de droit de cens (un impôt) de 1373 ; ce pont, sans doute le seul entre FEURS et ROANNE était très fréquenté au Moyen-Age à en juger par les nombreux legs dont il fut l'objet, pour en assurer l'entretien, notamment à partir de 1272, époque ou commence le recueil des testaments que possèdent les Archives de la Loire. Il s'écroula au XVème siècle, sans doute à la suite d'une forte crue et ne fut pas rétabli. Papire Masson, qui écrivait sous le règne de Henri IV, dit qu'il n'en subsistait que cinq piles d'une grande solidité ; trois piles, dont une visible, étaient encore encastrées dans la face Nord de la Digue. Il fallut attendre bien longtemps pour de nouveau relier les deux rives : une délibération du Conseil Municipal de Pinay du 5 juillet 1868 demande à Monsieur le Préfet la construction du pont déjà promis sous le règne de Louis XIV. Ce souhait fut exaucé puisqu'un pont en bois fut construit en 1869. On raconte qu'il fut arraché juste après le passage d'un charroi tiré par des boeufs, un jour de belle crue. Un bien audacieux ancêtre ! Un pont métallique (style Eiffel) le remplaça en 1895.

Et puis un beau jour, cette belle histoire a eu une brusque fin durement ressentie par tout un village auquel on arrachait son passé. Un barrage fut élevé aux portes de Roanne, et on jugea notre vieille Digue inutile et même néfaste et quelque tête pendante sonna son glas et elle fut détruite. Les bulldozers eurent du mal : on bâtissait solide ! Le pont fut arraché et trainé.

Que reste-t-il de tout cela ? Seul notre blason en perpétue le souvenir. C'était en 1984, elle avait 273 ans ! Et aujourd'hui, un grand pont moderne, anonyme, bariolé, cicatrice d'un mal trop vite refermé est là : quand il y a peu d'eau, un éperon rocheux, reste de la Digue, pointe le nez au milieu d'une cascade inattendue. Elle devait être belle la Loire au temps d'Astérix !

Adieu navigation, adieu chemin de halage, adieu hôtels-ginguettes, adieu gorges encaissées, tout a été emmené avec toi, vieille Dame !

Et pourtant malgré ces mutilations, en faisant abstraction de ce grand trait jeté en travers de notre horizon, ce coin est resté sauvage et beau quand l'eau est propre. On l'aime encore, les pêcheurs l'apprécient, mais son cachet a été ôté, alors comment être satisfait du présent ? L'Histoire et les hommes ont été implacables. Avaient-ils raison ? Personne ne nous le dira. A Pinay, 7 kilomètres redoutés des mariniers, aimés plus tard des adeptes du canoë, de tout temps recherchés par les pêcheurs, les promeneurs et les artistes : c'est son charme et son romantisme, 2 kilomètres plus haut veille son bourg.

J'espère que ce voyage intime dans notre passé aura intéressé le lecteur et lui aura permis d'apprécier un plus ce petit coin de France où l'on vit heureux.

LES PRINCIPALES CRUES DE LA LOIRE

1790 - 1846 - 1856 - 1907 : Cette dernière crue a détruit les murettes de la Digue.

1927 : Cette année-là 9 habitants de Pinay qui traversaient du bois sur la Loire se sont noyés.

1934 - 1952 - 1958 - 1963 - 10 novembre 1969    où l'eau recouvrait le chemin de halage – le 11 novembre 1976.

La dernière a eu lieu le 2 novembre 2008.

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LA DIGUE ET SON AIRE DE PIQUE NIQUE

ancienne_digue

Jusqu’en 1984, il existait à cet endroit une digue fort connue de tous les ligériens, en particulier des roannais. Elle avait été construite en 1711 sous le règne du roi Louis XIV sur l’emplacement d’un ancien pont romain à cinq arches. D’ailleurs, au moyen âge, il y avait ici un des points les plus importants du Forez. Au XVIème siècle, on transportait le charbon de St-Rambert à St Nazaire sur le fleuve et ce passage était redouté des mariniers car il présentait de nombreux écueils. On fit sauter les rochers mais lors des fortes crues, les eaux étaient devenues dévastatrices, d’où la nécessité de construire cette digue, qui fut édifiée en 1 an.  Quelques pierres sont exposées dans la pelouse de la salle l’Orée Fleurie.  Elle a plusieurs fois protéger la ville de Roanne lors de grosses crues. On traversait à cet endroit par un pont métallique (style Eiffel) construit en 1895. La Digue et le pont ont été condamné et exécuté en 1984, n’ayant plus d’utilité avec  le barrage de Villerest : ils avaient 272 ans… Ils ont emporté avec eux beaucoup de poésie. Vous pouvez pique niquer ici en les imaginant.

L’EGLISE

pinay-eglise-1Elle a été construite au milieu du 18ème siècle par décision du Conseil Municipal de 1851 alors que la construction du clocher date de 1843.

Elle est à trois nefs voûtées séparées par des colonnes. La chaire, ainsi que le maître autel, sont en marbre blanc.

Le patron de cette sainte église se nomme Saint-Roch, il n’y avait pas de statue le représentant à l’église mais c’est chose faite depuis le 15 août 2009 date à laquelle une statue a été installée dans le chœur. Dans ce dernier le soleil pénètre par deux grands et beaux vitraux. Une belle rosace que l’on trouve se reflétant sur la place de l’église surmonte le portail principal. L'église peut contenir environ 160 personnes.

A noter un très beau chemin de croix. Elle a été entièrement rénovée en 1994.

Contre le mur extérieur gauche est fixée une table d'autel en granit 175 x 95 x 20 cm datant du XIIème siècle. C'était une ancienne marche du parvis de l'église actuelle découverte quand il a été modernisé.

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